Frère Antoine du Rocher de Roquebrune - Une bouffée d'ermite

"Quand le moine zen Deshimaru est venu chez les moines de Bellefontaine. On la conduit à la messe, à la place d'honneur
et voilà qu'au moment de la communion, le frère Deshimaru a suivi les autres qui allaient recevoir le Dieu trois fois Saint. Un trappiste réussit à le rattraper par la frange de son manteau.
Que dit Deshimaru?
"Est-ce que le Seigneur de chez vous n'est pas la sainteté de partout?" Tabou tabou." Frère Antoine du Rocher de Roquebrune

Si l'anecdote est véridique elle est surprenante parce que Deshimaru était baptisé et qu'il pouvait très bien recevoir la communion. Seulement les moines trappistes devaient l'ignorer. Qu'ils lui aient refusé la communion révolte notre auteur qui plaide pour un fort œcuménisme du haut de son rocher. Mais avant d'être sur son rocher, il raconte son histoire fort passionnante.

"Je me mis alors au service du moine le plus insupportable du monastère. Personne ne voulait travailler avec lui tant il était mesquin et tatillon. Je pense que c'est moi qui eus le don de l'apprivoiser à la fin. Heureusement qu'il n'entendait pas le mantra hindou de Ramdas qui me servait de carburant pour faire monter mon moteur au-dessus de ses récrimination... Quel chapitre j'aurais reçu!
Au bout de cinq ans de vie érémitique, j'appris par la chronique du monastère que ce moine était mort en odeur de sainteté. Ses cinq dernières années, il avait retourné contre son propre ego l'instrument acéré qu'il avait aiguisé et émoussé pendant  vingt ans sur celui des autres."

Cette histoire montre bien qu'un fort sens critique mesquin et tatillon n'est pas nécessairement un handicap sur la Voie.

1 commentaire:

  1. Qui ailes bien chatie bien.
    Mais le mérite n'est pas de châtier, c'est d'aimer...

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