Les Enseignements D'un Maître Zen - Au Fil Du Présent Éternel - Dokushô Villalba

J'avoue mon incompréhension devant des passages comme celui-ci:

-Regarde! Le corps c'est la coque de la noix, la pulpe c'est la conscience. Dans une noix de coco verte la conscience est collée à l'écorce mais dans une noix mûre, dans un être mûr, la conscience s'est décollée de l'écorce. C'est pour cette raison que l'écorce peut ouverte sans que la pulpe soit abîmée. Le corps d'un être mûr peut être brisé, sa conscience reste intacte.

Autrement dit le but de la pratique vu comme une ascèse, selon Dokushô Villalba  c'est de murir pour que la conscience reste intacte au moment de la mort. De tels propos chez un maître chrétien ou hindouiste ne me choqueraient pas. Dokushô Villalba est un disciple de Deshimaru et Deshimaru se plaignait que certains de ses disciples confondent christianisme hindouisme et bouddhisme. Ce qui m'étonne c'est que personne ne dise rien, pas la moindre critique nulle part. Je reconnais que, par ailleurs, Dokushô Villalba dit beaucoup de choses qui me semblent justes et il est probable que sa pratique soit authentique... et que le contenu doctrinal de sa pensée importe peu. Mais dans ce cas quel intérêt de lire ce livre? Autant ne lire que Dogen.

Dans le Bendowa:

Question : "certains disent : (...) Si nous savons que dans nos corps, il y a cette nature du cœur au delà de l’ apparaitre et du disparaitre, nous considérons celle-ci comme notre nature originelle. Tandis que le corps qui n'est qu'une figure provisoire, meurt ici et renait là (...) le cœur lui est permanent; il ne doit subir aucune altération dans le passé, le présent et le futur (...) et quand ce corps arrive à sa fin, ils entrent dans l'océan de la nature (...) à l'instar de la multitude des éveillés"

Réponse de Dogen: "L'opinion que vous venez d'exposer n'a absolument rien à voir avec la loi l'Eveillé. Cela n'est autre que l'opinion des senika, personnes hors de la Voie. (...) Comme je ne puis me taire, je vais tâcher avec compassion de vous sauver de cette opinion tordue. Sachez-le, dans la Loi de l'Eveillé, il est dit que le corps et le cœur ne font qu'un dès l'origine et que la nature et l'aspect ne sont pas deux choses distinctes. (...) comprenez  le fait que le cycle des naissances et des morts n'est autre que le Nirvana. (...) la multitude des existants, tout et chacun, ainsi que les dix mille phénomènes chatoyants comme la forêt drue ne sont autre qu'un seul cœur.
Maître Dôgen - Entretiens sur la Voie [Bendôwa] - Tome 6

Dogen rejette l'ascèse qui voudrait séparer le corps de l'esprit en mettant en avant le non-dualité du corps et de l'esprit mais aussi du samsara et du nirvana. Si vous posez zazen comme une technique qui permet de dissocier le corps de l'esprit et donc d'apprendre à mourir, comme sens même de l'existence  vous en fait un zazen souillé du désir d'atteindre le nirvana.

A la question qu'est-ce qui reste quand on s'est dépouillé du corps et du cœur? Il répond ailleurs l'homme originel qui ne cesse de pratiquer la voie et ici ce qui reste c'est la réalité chatoyante. Même si on traduit cœur par esprit, cet esprit n'est pas purement immatériel puisqu'il ne diffère en rien la réalité constituée des phénomènes apparaissant et disparaissant. 


Kodo Sawaki - Un zen vagabond - Textes et commentaires

Je lisais récemment sur un blog ceci: "Dans leurs recherches, pour les “scientifiques” spiritualistes l’Esprit précède la matière, et pour les scientifiques la matière précède l’esprit..." l'auteur de cet article passe sans transition du christianisme au bouddhisme comme si le bouddhisme était nécessairement spiritualiste... l'idée c'est que comme aujourd'hui le spiritualisme ne convainc plus personne il aurait besoin du renfort de la science ou des pseudo-sciences.  

Je défends l'idée qu'il y a un courant bouddhiste qui n'est pas spiritualiste. Par spiritualiste ou spirituel j'entends l'idée qu'il faudrait donner une importance capitale à l'esprit dans une optique sotériologique. L'ascétisme en est la version la plus caricaturale puisqu'en vous faisant souffrir vous purifiez votre corps au profit de votre âme. 

Le bouddhisme qui m'intéresse ne s'inscrit pas dans cette logique pour plusieurs raisons. 

La première c'est que le bouddha aurait essayé l'ascétisme et l'aurait rejeté au profit d'un juste milieu entre ascèse et hédonisme. C'est l'image de la corde de guitare qui si elle est trop tendue casse ou ne fait pas le son juste si au contraire elle est trop distendue. Le corps joue donc un rôle important qu'il ne faut pas négliger ni mépriser. Il faut prendre soin de son corps comme un musicien prend soin de son instrument (Jimi Hendrix n'est évidement pas un exemple à suivre). Ce que je trouve intéressant dans cette image c'est que le son n'existe pas en dehors du moment où le musicien joue de son instrument. Si on reste dans une logique sotériologique, le salut, il n'est pas dans un ailleurs, il s'entend dans l'instant présent.

La deuxième raison c'est que l'esprit ou l'âme ne préexiste pas à la naissance puisque l'esprit est lié à la conjonction d'agrégats. Cela ne signifie pas que l'on nait à zéro avec un esprit totalement vierge. L'hérédité joue un rôle important et le bouddhisme y ajoute le karma qui ne provient pas forcément de ses seuls parents. Familièrement on dirait qu'on se récupère des casseroles qui nous suivent tant qu'on ne s'en occupe pas. Il faut bien comprendre que le karma et les renaissances n'impliquent nullement une âme éternelle et indivisible. Nous sommes une pluralité d'éléments psychosomatiques qui se sont agrégés.  Ça pense en nous. 

"...nous en venons à comprendre que nos pensées ne sont ni le corps ni le je lui-même. Il serait plus juste de considérer nos pensées comme des sécrétions de notre cerveau, comme la salive est sécrétée par les glandes salivaires ou le suc gastrique par l'estomac" écrit Kosho Uchiyama et il ajoute "Au printemps, les bourgeons éclosent; à l'automne, les feuilles tombent. Tout cela, y compris notre soi, sont des expressions de la grande force vitale de la nature" chap 63
Si nous ne sommes pas dans une logique spiritualiste, nous ne sommes pas non plus dans une pure logique matérialiste. Difficile de nier la dimension naturaliste. Ce passage est un commentaire de la phrase de Kodo Sawaki qui dit :

"...quand nous abandonnons le je, nous devenons simplement le soi qui est relié à l'univers"
La question c'est de savoir si ce "soi" est spirituel? étant entendu que la force vitale ne la nature n'est pas nécessairement d'ordre spirituelle.  C'est là où ça se complique c'est que 
"L'approche de Sawaki Roshi est unique dans la tradition zen Soto, du fait de sa connaissance étendue et profonde du Yogacara"  Shohaku Okumura écrit cela après avoir écrit:
"Comme Dogen Zenji est devenu moine dans la tradition Tendai, il n'a probablement jamais étudié la théorie Yogacara. Yogacara et Tendai ne s'entendent pas: Tendai considère le Yogacara comme un Mahayana utilitaire, de seconde catégorie. Les spécialistes ne trouvent pas de références aux textes ou expressions Yogacara dans les écrits de Dogen."
Ce qui me surprend c'est que Kodo Sawaki et tous ses disciples comme Deshimaru revendiquent une affiliation à la pensée de Dogen mais sans pour autant s'abstenir d'y ajouter des éléments hétérodoxes. Ça n'enlève rien à la pertinence des propos de Sawaki ou Deshimaru mais on est loin d'une orthodoxie Dogénienne. Pour ajouter encore un peu de complexité, on pourrait penser que Dogen rejetant le courant Yogacara défendrait une position Madhyamaka qui insisterait sur la vacuité opposé à l'esprit et bien non ce serait trop simple. Au contraire Dogen encense l'école de l'"il-y-a" qui selon Yoko Orimo "affirme l'existence de toutes les entités dans le triple monde du passé, du présent et du futur" et renvoie au livre des commentaire du traité de l'Abbidharma. Bref il faudra creuser encore un peu pour comprendre les positions très particulière de Dogen qu'on ne retrouve pas forcément chez ceux qui revendiquent une filiation avec celui-ci. 

Pour revenir aux raisons qui font qu'on échappe au spiritualisme chez Kodo Sawaki c'est troisièmement, l'idée que Zazen ne sert à rien. Si zazen ne sert à rien on peut se demander si on peut encore parler de pratique sotériologique ce qui impliquerait de faire quelque chose pour se sauver.

"Zazen est une pratique au-delà du monde, qui n'a rien à voir avec nos espoir de récompense" écrit Shohaku Okumura "zazen ne devrait pas être souillé par nos désirs - même le désir de l'éveil ou de devenir un bouddha"

Pour revenir au livre proprement dit qui est très bien. Je relèverais deux aspects qui m'ont intéressés. le premier concerne le sujet zen en guerre qui n'est pas éludé par Shohaku Okumura. Il dit lui-même qu'il a longtemps été dans une attitude critique à l'égard de ceux qui se sont impliqués durant la période de guerre au Japon. Il a donc fait un choix dans l'enseignement de Kodo Sawaki en ne choisissant que le meilleur de son enseignement et en laissant de côté le reste qu'il n'ignore pas. Ceci explique que le livre soit très bien.

 L'autre aspect que je trouve intéressant c'est le côté vagabond de Sawaki qui s'explique par un refus d'un zen institutionnel au profit de relations personnelles proches avec ses disciples. Il n'est donc pas question pour lui de s'abriter du haut de sa chaire derrière un jargon bouddhiste loin de la vie des laïcs. C'est l'autre point fort de ce livre.

Caricature

 Dans mon imaginaire, vu de l'extérieur, la méditation était associé à une forme de nombrilisme comme en témoigne cette affiche mais vu de l'intérieur je me sens plus proche d'Elisabeth Larivière .


"Au fur à mesure des années de pratique, je me rends compte que la dimension politique de la méditation devient de plus en plus important pour moi. L’élargissement de la conscience qu’opère la pratique, le fait de se décoller de ses seules préoccupations personnelles, d’apprendre à mieux voir et à mieux écouter, à écouter globalement et avec son cœur, à être présent plus amplement et plus intensément à tout ce qui est, font partie des fruits de l’entraînement au long cours.

https://www.ecole-occidentale-meditation.com/et-si-la-meditation-pouvait-faire-renverser-un-gouvernement/

Je ne pense pas que le bouddhisme soit par nature engagé socialement mais je pense que le bouddhisme n'existe pas en dehors de ce que nous en faisons. 

Je ne sais pas si il est préférable de penser que le zen ne doit servir à rien ou bien s'il doit être engagé socialement. Cela dépend des contextes et situations.

Taisen Deshimaru - Le Livre des Sutras - Soto Zen

Autant le livre dont je parlais précédemment est de peu de valeur autant celui-ci n'a pas de prix. J'ai rarement eu entre les mains un livre aussi beau. Et comme, ainsi va la vie des livres, celui-ci est destiné à rejoindre une plus grande bibliothèque que la mienne. Je ne pourrais donc m'enorgueillir d'avoir eu ce livre très longtemps dans ma bibliothèque. Je souhaitais malgré tout en garder une trace photographique... et j’essaierais d'en trouver un exemplaire identique au niveau du contenu mais de moindre valeur en tant qu'objet. Il me semble que celui -ci n'existe qu'à une centaine exemplaires. Cette édition a été offerte en fuse par un moine du nom de Guiseppe Ku Gen Figini en 1981 à Deshimaru.
Il regroupe des sutras en français et en anglais d'un côté et la version originale de l'autre côté du papier. Il regroupe aussi des textes de Dogen ainsi que des poèmes de différentes provenances dont ceux de Deshimaru lui-même. Ils ne sont pas indiqués dans la table des matières ci-dessous mais sont des suppléments. Je suppose qu'il s'agit des textes auxquels Deshimaru tenait le plus. Les textes dans leur sobriété sont d'une saisissante beauté. Quel trésor! Heureusement que je ne vais pas le garder sinon j'avoue que j'aurais pu m'y attacher.












Yu Li - La chair comme tapis de prière

Quel homme au cœur droit ne brûlerait de réformer des mœurs si dégradées! S'il s'avise d'écrire un traité de morale pour persuader seulement les gens d'être bons, pas besoin de dire que personne ne dépensera un sol pour acheter son livre et quand même un généreux donateur en aurait payé l'impression, le brochage, la reliure et l'aurait offert gracieusement au public, quand les donataires ne le déchireraient pas pour s'en faire des papillotes ou pour allumer leur pipe, qui daignerait y jeter un coup d’œil. Mieux vaut donc résolument appâter le lecteur par des histoires licencieuses, de sorte que quand il se sera laissé prendre par ce qui le flatte, soudain on l'effrayera par quelques mots qui placés en coups d'épingle, lui arracheront cet aveu : "C'est donc ainsi que celui qui s'applique aux voluptés, à la longue finit par devenir un fantôme au milieu des beautés qui passent comme les pivoines; ce n'est que renom vide, on y perd le réel vrai". Peu à peu on lui soulignera un ou deux points de telle sorte que quand il en arrivera au châtiment clair et net, celui-ci lui apparaîtra comme la rétribution nécessaire à la luxure"..."Dès lors, il hésitera à prendre le chemin du mal, à s'endetter, sous peine de devoir rembourser au centuple"

"Allez chercher la plus belle femme de la terre... Quand vous serez parvenu à l'illumination à force de prier sur ce tapis de chair, vos yeux s'ouvriront sur la réalité."

"Pour étudier le bouddhisme, il faut passer par des amertumes, il faut sans cesse se fatiguer la chair, et mortifier son corps de sorte que le froid et la faim vous oppressent chaque jour jusques à tant que les pensées de luxure ne puissent naître; alors les jours de pureté succèdent aux jours d'impureté; et naturellement on deviendra Bouddha sans qu'il soit même besoin de lire les soûtras"

"Si l'on se nourrit sans labourer et si l'on se vêt sans tisser (...) alors à force de manger tout son soûl la pensée vagabonde; à force d'avoir son corps au chaud, on aime le sommeil. Si la pensée vagabonde, elle rencontre des objets voluptueux et si l'on dort, les désirs s'éveillent dans les songes. Etudierait-on beaucoup , on n'en deviendrait davantage bouddha"

"Pour étudier le bouddhisme, il faut s'abstenir des plaisirs et avoir erré parmi les dix-huit degrés de la prison terrestre."

"Même s'il n'y a pas de ciel, on ne peut pas ne pas considérer le ciel comme l'échelle vers le bien: et même s'il n'y a pas d'enfer, on ne peut pas ne pas considérer l'enfer comme une chute dans le mal et son châtiment."

"Priez assis sur un tapis de chair
Il ne tardera pas à venir le temps du remords
Ne vous lamentez pas sur un cercueil déjà clos"

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Un livre qui ne vaut guère plus que le prix que je l'ai acheté (d'occasion). Les histoires licencieuses, souvent un peu lassantes, ont au moins le mérite d'être drôles. Il est bien curieux de voir que l'homosexualité et la pédophilie soient si facilement accepté au cœur même du bouddhisme entre moines anciens et novices. La rencontre du personnage principal avec un maître tchan au début et à la fin du livre restent mes moments préférés. Je tiens à préciser qu'au moins, eux, ils ne couchent pas ensemble.


Taisen Deshimaru - Enseignement oral - N° 15 - Concentration et Observation - Volume 2

"Dieu n'est qu'une projection imaginaire de l'homme qui se trouve "dépossédé" de quelque chose qui lui appartient en propre au profit d'une réalité illusoire. Nier l'existence de Dieu et de l'au-delà n'est donc pour l'homme que reprendre possession de son bien" p130
"La communion divine, la fusion mystique est recherchée au moyen du rejet du corps; cela est proche du zen Rinzaï dans sa recherche du satori, qui est appelé kensho: nécessité de trouver la nature de bouddha; les koans sont censés jouer un grand rôle. C'est pourquoi le christianisme comme le zen Rinzaï sont des religions affaiblies" p263
Les chrétiens aiment bien le zen Rinzaï qu'ils préfèrent au Soto; celui-ci est trop profond; il n'y a pas dans le soto d'illumination à rechercher. p266

Je reprends ici ce que j'écrivais ailleurs en commentaire:

Le Dieu dont parle Deshimaru n'a plus rien à voir avec le Dieu du Christianisme. Il remplace le mot Bouddha par le mot Dieu et le tour est joué. Même les chrétiens n'y voient que du feu.

Je cite Deshimaru "L'idée de Dieu doit contenir celle de Bouddha et l'idée de bouddha doit contenir celle de Dieu."

Aucun chrétien ne dit ça.

Je fais la même chose quand je dis que Dieu est entré en paranirvana... c'est la même chose que de dire qu'il est mort.

Il dit: il faut créer l'harmonie des religions pour l'avenir et en même temps il dit il nous faut aller au delà des religions.
Entendez faire zazen. Fini la messe, fini la transubstanciation, fini l'Oraison. Vous retirez l'essentiel du christianisme si vous retirez tout pour ne garder que zazen.

Si vous comprenez bien ce qu'il dit vous ne pouvez rester Chrétien et croire que Dieu va vous sauver.... Qu'il y aura un jugement dernier... que le christ est ressuscité, etc etc...

Deshimaru plaque son bouddhisme sur le christianisme.  Il expurge tout du christianisme notamment la croyance en un âme

"Existe-t-il un atman? Atman veut dire âme, ego, noumène, âme spirituelle, substance de notre corps et de notre esprit. Alors Nagasena nia aussi cette existence" Concentration et observation p210


Toujours dans Observation et concentration, Deshimaru explique p 243 244 quelle était les croyance de sa mère qui était une adepte de la Terre Pure. Deshimaru raconte qu'il a appris l'anglais avec une jolie anglaise de 26 ans dont il était amoureux et qui lui a enseigné le christianisme. Il aurait fait n'importe quoi pour elle, notamment se faire baptisé. Il dit qu'il a vu à travers le christianisme le bouddhisme de sa mère. Dieu c'est Amitābha et jesus c'est Shakyamuni.

"J'ai pensé que le christianisme était mieux. Je ne me suis pas concentré que sur le christ mais aussi sur cette fille. Elle m'apprenait à danser"...

"Ensuite j'ai entendu dire que l'essence du bouddhisme Mahayana était le zen...

puis il cite Maître Eckhart qui dit

"Tant que l'âme n'a pas abandonné Dieu, elle est mue par des désirs"

puis il dit

"Les chrétiens aiment bien le zen Rinzaï qu'ils préfèrent au Soto; celui-ci est trop profond; il n'y a pas dans le soto d'illumination à rechercher nous sommes seulement pénétrés du pouvoir cosmique fondamental à travers zazen"

C'est ce pouvoir cosmique fondamental qu'il appelle Dieu.

Est-ce que dans le Christianisme Dieu est le pouvoir cosmique fondamental? La force tellurique? J'en doute

"C'est découvrir Dieu à l'intérieur de notre esprit pas. au fond des cieux"

puis il dit que Dieu est mort.

puis
"Je croyais plus en la bible avec sa couverture en cuir qu'en tous les vieux textes des sutras. Tout cela m'a marqué dans ma jeunesse. Mais par la suite, cela ne put me satisfaire"

puis Au disciple S'il vous plaît montrer ce paradis
"Le Christ a dit "le paradis, le ciel sont à votre portée"
"S'il vous plait montrez ce paradis"
si le disciple montre sa main, je répondrais "rien, ku, Votre main est vide, pourquoi?" S'il ne peut répondre, je lui donnerais le rensaku "Vous devez encore continuer zazen"

Le paradis pour Deshimaru c'est KU, RIEN. En tous cas pas la vie éternelle en Dieu


"Il est écrit dans le shodoka "il n'y a ni bouddha ni Dieu. Tous les sages et vénérables sont comme des éclairs dans le ciel"

"Nous ne devons pas nous attacher.".. "On voit que chacun a des catégories différentes concernant Dieu ou le Christ."

Quand les chrétiens s'approprient les discours de Deshimaru et là c'est la catastrophe... atman anatman bouddha vacuité dieu... tout est pareil... ça devient du gloubiboulga
Ce n'est plus le zen.

"le père Lassalle (...) ne comprend rien du tout au zen soto. Il comprend le zen chrétien.(...) le christianisme est le christianisme et le zen est le zen. Or je veux aller au delà des deux

puis il cite le père Lassalle et conclut

C'est le christianisme. Ce n'est pas du tout le zen.

Vous pouvez toujours dire que c'est Dieu en tant que concept qui est mort... Sauf que quand vous dites que Dieu est éternel vous en faites un concept. et c'est bien ce qui est éternel qui est précisément mort.

Encore une fois le meilleur moyen de ne pas en faire un concept c'est de garder le silence. Ce que l'on ne peut dire, il faut le taire.

Frère Antoine du Rocher de Roquebrune - Une bouffée d'ermite

"Quand le moine zen Deshimaru est venu chez les moines de Bellefontaine. On la conduit à la messe, à la place d'honneur
et voilà qu'au moment de la communion, le frère Deshimaru a suivi les autres qui allaient recevoir le Dieu trois fois Saint. Un trappiste réussit à le rattraper par la frange de son manteau.
Que dit Deshimaru?
"Est-ce que le Seigneur de chez vous n'est pas la sainteté de partout?" Tabou tabou." Frère Antoine du Rocher de Roquebrune

Si l'anecdote est véridique elle est surprenante parce que Deshimaru était baptisé et qu'il pouvait très bien recevoir la communion. Seulement les moines trappistes devaient l'ignorer. Qu'ils lui aient refusé la communion révolte notre auteur qui plaide pour un fort œcuménisme du haut de son rocher. Mais avant d'être sur son rocher, il raconte son histoire fort passionnante.

"Je me mis alors au service du moine le plus insupportable du monastère. Personne ne voulait travailler avec lui tant il était mesquin et tatillon. Je pense que c'est moi qui eus le don de l'apprivoiser à la fin. Heureusement qu'il n'entendait pas le mantra hindou de Ramdas qui me servait de carburant pour faire monter mon moteur au-dessus de ses récrimination... Quel chapitre j'aurais reçu!
Au bout de cinq ans de vie érémitique, j'appris par la chronique du monastère que ce moine était mort en odeur de sainteté. Ses cinq dernières années, il avait retourné contre son propre ego l'instrument acéré qu'il avait aiguisé et émoussé pendant  vingt ans sur celui des autres."

Cette histoire montre bien qu'un fort sens critique mesquin et tatillon n'est pas nécessairement un handicap sur la Voie.

Chronique de la vie quotidienne #2

6 février 2019 : 30 minutes faciles à 12° ce matin mais il faisait humide... rien d'extraordinaire comparé à hier soir au Dojo. 

D. nous a raconté dans les vestiaires avoir eu une montée de chaleur dans la colonne vertébrale et d'avoir eu envie de tous nous embrasser dans le dojo. Les sons lui ont fait énormément d'effets. Il a trouvé ça très curieux et remuant mais pas désagréable. E. a exprimé sa joie de venir régulièrement au dojo. Difficile de ne pas être touché. Le kusen de C. a porté sur le fait que nous nous croyons illusoirement séparé.

Chronique de la vie quotidienne #1

Et si j'ai envie d'écrire de courtes chroniques de la vie quotidienne... c'est mon blog. Je fais ce que je veux.

1er  février 2019. J'ai fait zazen plus de 30 minutes à 8° en t-shirt ce matin dans ma véranda comme tous les matins mais j'ai craqué avant que mon portable sonne la fin. J'ai fait kin-hin les pieds nus sur le carrelage en attendant les 3 minutes restantes.  Comme d'habitude, petite crise de fous rires au moment où ça devient vraiment désagréable lorsque les sensations remontent. 

Hier soir au Dojo, le kusen de F. portait sur la Joie qui ne vient pas d'une récompense après une longue attente mais de l'activité ou de la non-activité elle-même, en zazen... L'une des 108 portes du Dharma. 3 minutes avant la fin, je n'étais pas vraiment dans la joie. La joie ne se commande pas.


Taisen Deshimaru - Enseignement oral - N° 8 - Shin jin mei de Maître Sosan

Lors d'un séminaire sur le Tchan, Catherine Despeux à beaucoup insisté sur l'importance de la pause à la fin de l'expiration en méditation. Elle a posé la question de savoir si on trouvait une telle idée chez Deshimaru et j'ai été bien étonné de trouver, à postériori, une occurrence de cette idée. Je serais passé à coté si Catherine Despeux n'avait pas attiré notre attention sur ce point.

"C'est la méthode de respiration qui est un facteur de dévelloppement d'énergie important dans la posture de zazen" (...)
"La respiration est à l'opposé de la respiration habituelle. L'accent est mis sur l'expiration qui doit être longue, profonde et calme. L'inspiration se fait alors automatiquement, après un court temps d'arrêt à la fin de l'expiration".

Catherine Despeux à insisté sur le fait qu'il ne faut pas bloquer la respiration mais seulement observer ce temps d'arrêt comme s'il devait apparaitre de lui-même.

On peut se demander à quoi ça sert. J'ai trouvé une vidéo qui répond assez bien à cette question ici