Maître Dôgen - Discourir du rêve au milieu du rêve [Muchû setsumu] - 1242 - Shôbôgenzô, la vraie Loi, Trésor de l'Oeil - Tome 1

"L'univers entier qui se dévoile comme la rosée est un rêve! Ce rêve n'est autre que cent herbes réfléchissant le soleil et la lune. C'est précisément ce qui vous incite à douter, ce qui vous paraît pêle-mêle. A ce moment-là (il y a) l'herbe du rêve, l'herbe du milieu, l'herbe du discourir, etc. Quand on étudie ces herbes, leurs racines, tiges, brins et feuilles, ainsi que leurs fleurs, fruits, lumières et couleurs constituent tous ensemble un grand rêve! Ne vous trompez pas en les considérant éphémères et nébuleux comme des rêves!"

En effet, à imaginer que nous rêvons (ou que tout est le produit de notre conscience), nous pourrions passer à côté du réel lui même quand bien même rien ne le distingue du rêve. Ce n'est pas parce que le rêve est un rêve qu'on ne doit pas étudier ce qui le constitue. Car ce qui constitue le rêve n'est pas moins susceptible de nous éveiller que le réel lui-même.

"C'est au milieu du rêve qu'il y a le premier déploiement du cœur de l'éveil, la pratique, l'Eveil complet et parfait sans supérieur et le Nirvana. Le rêve et l'Eveil, chacun d'eux est l'Aspect réel! L'un n'est ni plus grand ni moindre que l'autre"(...)
Ce n'est pas forcément parce qu'on a entendu parler du Dharma pendant le jour que l'on va en rêver la nuit mais c'est parce qu'on entend parler le dharma pendant la nuit qu'on va déployer le cœur de l'éveil. Les êtres inanimés sont parfois plus bavards la nuit pendant le rêve que le jour.

Dans la présentation de ce texte Yoko Orimo dit que l'expression "Discourir du rêve au milieu du rêve" vient du Sûtra de l'accomplissement de la Sagesse. Le passage qu'elle cite se termine par "c'est l'absence de la nature propre qu'il faut obtenir" et Y. Orimo écrit: "c'est l'enveloppement de la pensée (cittâvarana) dont il faut se débarrasser pour obtenir l'Eveil"

Je me demande si on se débarrasse de l'enveloppement de la pensée (peut-être est-ce la conscience?) s'il ne reste pas la pensée (et la non-pensée) qui ne se distingue pas du dharma lui-même. Dit comme ça ce n'est pas très clair mais c'est bien le point qui reste à éclaircir.

Si cittâvarana cittâ c'est l'esprit et si varana signifie englobant la question qui demeure c'est qu'est-ce que la pensée chez Dogen? Quelle est sa nature?

Dogen est clairement hostile à l'idée de conscience réceptacle:
"Contenir  les  dix  mille  êtres  désigne  l’océan.  La  signification  de  cette expression, ce n’est pas qu’une chose quelconque contienne les dix mille êtres, mais que contenir, c’est dix mille êtres. Ce n’est pas dire que l’océan contient dix mille êtres ; mais contenir dix mille êtres, c’est l’océan et c’est tout" Concentration de soi du sceau de l’océan [Kai.in zanmai]
 Les dharma n'ont pas besoin d'un contenant, d'une conscience qui les pense pour pouvoir exister. Seulement pour penser les dharma ne doit-il pas y avoir une équivalence entre les pensées et les dharma?

« L’aspect véritable, ce sont les dharma : les dharma c’est l’aspect tel quel, l’essence telle quelle, le corps tel quel, la pensée telle quelle, le monde tel quel, nuages et pluie tels quels. C’est aller, rester, s’asseoir, s’allonger tels quels, souffrir et se réjouir, se mouvoir et demeurer en repos tels quels. [...] C’est la transmission et la réception de la loi telles quelles, l’exercice
de l’étude et le discernement de la voie tels quels, la constance des pins et la périodicité des bambous tels quels. »  Shohôjissô [Le véritable aspect des dharma]
Les aspects du monde sont réels car le réel se donne à voir comme aspect, y compris dans le rêve. 
"Même s'il est dit qu'on s'égare au milieu de l'égarement, justement pratiquez avec ingéniosité et étudiez à fond cette expression qui exprime l'égarement au milieu de l'égarement pour y trouver le passage perçant le ciel. Le discourir du rêve au milieu du rêve est les éveillés, et les éveillés sont le vent, la pluie, l'eau et le feu."

Ce serait s'égarer de croire qu'en perçant le ciel on accèderait à un autre monde que le monde tel qu'il est. C'est au cœur du samsara que se trouve le nirvana.  Il n'y a pas d'autre monde.




14 commentaires:

  1. relis toi et commences donc par faire des questions qui ont un sens en français avant de te demander quoique ce soit

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  2. mon dieu quel blabla !

    Heureusement que le maitre zen Seuhn Sahn a dit : si vous avez soif , allez dans la cuisine vous cherchez un grand verre d'eau...

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    1. Heureusement en effet, comme le dit Dogen dans le Shôbôgenzô Zuimonki, si tu es niais et que tu ne comprends rien à rien, réjouis-toi, il n'est pas nécessaire d'être intelligent pour pratiquer la voie.

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    2. j'ai l'impression que dogen se croyait vraiment au dessus de tout le monde, il critique pas mal les autres et intervient souvent en super flic du zen genre Valls. Son livre est le truc le plus chiant jamais écrit, des trous du cul de politicien yen a meme dans le zen...même si dogen n'est jamais existé !

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    3. Si tu trouves ça chiant, tu n'es pas obligé de fréquenter mon blog. Ta conscience universelle peut aller se distraire ailleurs.

      Dogen ne se croyait pas au dessus de tout le monde. Il ne dit jamais s'il se considère comme intelligent ou niais. Il considère que si tu ne suis pas la voie des bouddha tu es hors la voie (des bouddhas). Ce qui est incontestable.

      Si tu es hors la voie c'est juste pas de chance mais t'inquiète pas, un jour tu finiras par la rencontrer. Il n'est donc pas question de bruler les hérétiques ni même de les fustiger (ni de jouer au flic) car cela réduirait encore leur chance de rencontrer la voie.

      La voie est ouverte à tous (musulmans, juifs, chrétiens, athées, aux hommes comme aux femmes, aux gens intelligents et même aux idiots). Si tu es un animal, une plante ou un dieu il faudra quand même passer par le stade humain pour pouvoir faire zazen et pratiquer la voie.

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  3. tu es naif de croire que zazen est la seule voie...sans doute tu penses ca parce que c'est la tienne, je vois bien avec toi que l'egoisme humain n'a pas de limite !

    Comment la conscience universelle pourrait elle être hors voie Einstein ?



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    1. Je n'ai jamais dit que zazen est la seule voie. Zazen est une pratique. Toutes les voies possèdent leur propre pratique contemplative (prière, oraison, méditation, zazen, pleine conscience, etc...)

      La conscience universelle n'est pas hors la voie puisque ce sont des mots (mal choisis) qui désignent la vacuité. Ce que tu appelles conscience universelle c'est la vacuité, le non-soi qui est sans aspect.

      " "Lorsqu'on sait que son propre corps et ses possessions, de même que l'espace ainsi occupé, ne sont que le champ d'expérience de la conscience fondamentale, il n'est plus de sujet pour se les approprier, plus aucun objet d'appropriation, et plus rien qui naisse, dure et disparaisse" Lankavatara Sutra

      si la nature de bouddha ne cesse pas qu'est-ce qui la distingue du "soi" des non bouddhistes? Réponse : La vacuité essentielle qui est sans-naissance, sans caractéristiques.

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  4. pourquoi alors veux tu t'approprier la vacuité avec ton zazen Einstein ?

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  5. Qu'est-ce que tu racontes encore? Il n'est pas question de s'approprier la vacuité. Il est seulement question d'observer en zazen qu'il n'y a pas de soi, seulement des sensations et des pensées qui n'ont aucune permanence. Et enfin d'abandonner corps et esprit. C'est tout le contraire de s’approprier quoi ce soit. Une fois que tu as abandonné corps et esprit, tu n'as plus aucune raison d'avoir peur... ni d'Allah ni des dieux, ni de la Cs U...

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  6. quelle banane tu fais !

    tu vois qu'il n'y a pas de soi en zazen, c'est bien ...sauf que le soi est celui qui voit et donc ne peut etre vu, ce n'est pas un phénomène triple gland ! combien de fois faudra t il le dire ?

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    1. Lorsque le bodhisattva Maître-en-contemplation pratique la profonde prajñâ pâramitâ, il voit que les cinq agrégats sont tous vides et se libère de toutes les souffrances.

      Shâriputra, les formes ne sont pas différentes du vide, le vide n’est pas différent des formes, les formes sont le vide, le vide est les formes. Il en va de même des sensations, des perceptions, des constructions mentales et des consciences.

      Shâriputra, tous ces éléments ayant l’aspect du vide, ils n'apparaissent ni ne disparaissent, ils ne sont ni souillés ni purs, ils ne croissent ni ne décroissent. C’est ainsi que dans le vide, il n’y a pas de forme ni de sensation, de perception, de construction mentale et de conscience.

      Il n’y a pas d'œil, d'oreille, de nez, de langue, de corps ni de mental. Il n’y a pas de forme, de son, d'odeur, de saveur, de tangible ni d'élément. Il n’y a pas de domaine du visuel et ainsi de suite il n'y a pas de domaine de la conscience mentale.

      Il n’y a pas d'ignorance et non plus cessation de l’ignorance et ainsi de suite il n'y a pas de vieillesse ni de mort et non plus cessation de la vieillesse et de la mort. Il n’y a pas de souffrance, d'origine, d'extinction ni de chemin. Il n’y a pas de connaissance et pas plus d'obtention puisqu'il n'y a rien à obtenir.

      Comme le bodhisattva s’appuie sur la prajñâ pâramitâ, son esprit ne connaît plus d'empêchement et comme il ne connaît plus d'empêchement, il est dénué de crainte. Libéré des méprises et des pensées illusoires, il accède au nirvâna. Comme les bouddhas des trois temps s’appuient sur la prajñâ pâramitâ, ils réalisent l'anuttarâ samyak sambodhi.

      Sache donc que la prajñâ pâramitâ est la grande formule magique, la grande formule du savoir, la formule suprême, la formule inégalée qui permet de supprimer toutes les souffrances, elle est vraie et non pas vaine. C'est pourquoi j'enseigne la formule de la prajñâ pâramitâ. J'enseigne ainsi la formule : Gate, gate, pâragate, pârasamgate, bodhi, svâhâ!

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  7. arretes ton cirque on ta reconnu Sbouby !

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    1. Ce que tu appelles mon cirque est le sutra du cœur que nous chantons après chaque zazen depuis deux siècles dans le monde entier. Ce sutra synthétise l'enseignement le plus important de notre tradition. En effet, il porte sur la vacuité.

      Tu comprendras donc que tes propos sur la Cs U sont pour moi des propos déviants d'un hors la voie (des bouddhas des 10 directions) auxquels je me dois de ne pas prêter attention... ce n'est que du vent dans les branches.

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